Cette instruction de la Banque centrale, qui sera transmise dimanche aux banques, "vise à réguler les étapes devant présider l’acte d’importation de biens destinés à la revente en l’état, son financement et les conditions de sa réalisation, jusqu’au règlement final", expliquent-ils.

Ces nouvelles dispositions rendent, désormais, obligatoire la domiciliation de toutes les importations relevant de la revente en l’état, et ce, préalablement à toute expédition des marchandises à destination du territoire douanier algérien.

Il sera aussi exigé de constituer une provision financière préalable, couvrant 120% du montant de l’importation, au moment de la domiciliation, devant intervenir au moins 30 jours avant l’expédition des marchandises, note cette nouvelle instruction. 

Cette provision est à constituer auprès de la banque domiciliataire sous forme de dépôts et/ou par affectation sur les lignes de crédit dûment ouvertes, par les banques, au profit de  leur clientèle.

A travers ce nouveau dispositif, expliquent les mêmes responsables, il s'agit de "rendre plus efficient et opérationnel l’ensemble des mesures édictées en matière d’encadrement du commerce extérieur".

De surcroît, ces nouvelles exigences visent à "réhabiliter l’acte de domiciliation en tant qu’instrument de mise en force du contrat d’achat ou de la commande" et à "mettre en adéquation l’allocation des ressources nécessaires, en matière de change, aux opérations d’importations", précisent-ils.
Ces mesures entrent dans le cadre d'un règlement approuvé en fin septembre dernier par le Conseil de la Monnaie et du Crédit pour l’aménagement du règlement de février 2007 se rapportant aux règles applicables aux transactions courantes avec l’étranger et aux comptes devises.

L'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions intervient quelques jours après que le Gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Loukal, avait tenu une rencontre avec les représentants de la place bancaire et financière, durant laquelle il les a informés essentiellement de l'instauration prochaine de ce mécanisme de régulation des opérations de commerce extérieur relevant de la revente en l’état. 

M. Loukal considère, en effet, que la nécessité de contacts directs, notamment en contexte de persistance du choc externe, "est plus que jamais de mise pour permettre un enrichissement partagé et bénéfique sur les moyens à mettre en œuvre dans la recherche permanente de la stabilité de la place bancaire et financière".

Pour rappel, les réserves de change de l'Algérie pourraient reculer à 97 milliards de dollars à fin décembre 2017, selon les prévisions annoncées récemment par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya.

Ce matelas de devises était à 105,8 milliards de dollars à fin juillet 2017 puis à 103 milliards de dollars à fin août 2017, contre 114,1 milliards de dollars à fin 2016 et 144,1 milliards de dollars à fin 2015. 

Les importations algériennes connaissent une baisse mais à un faible rythme: Elles sont passées à 46,72 milliards de dollars en 2016 contre 51,7 milliards de dollars en 2015 (-9,62%).

Sur les 8 premiers mois de 2017, elles se sont chiffrées à 30,84 milliards de dollars contre 31,65 milliards de dollars sur la même période de 2016 (-2,6%).

Selon les pronostics du ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, la facture globale des importations devrait osciller, à fin 2017, entre 40 et 41 milliards de dollars. 

Lire de la source (APS)